CENTER PARCS : UNE OPERATION COUTEUSE ET INAPPROPRIEE

Le groupe Pierre & Vacances Center Parcs, relance un concept vieillissant qu’il pare des vertus du développement durable afin d’en faire l’emblème d’un tourisme « vert ».
Accueilli à bras ouverts dans une région sinistrée, il a pu, au mépris de la Nature, faire librement son choix sur le territoire bourguignon.
Les collectivités, en panne de projets, ont consenti des sacrifices et pris des risques disproportionnés au regard des emplois prévus.
Le débat public doit éclairer les termes de ce choix dont les conséquences peuvent se révéler très graves à long terme.  lire la suite dans le pdf…cahier_dacteur_ndeg12_-_fne_bourgogne-1

 

Coupe de bois dans une réserve intégrale

MARDI 24 NOVEMBRE 2015
Coupes de bois dans une réserve intégrale : FNE en appelle à l’état pour que le futur parc national forestier ne soit pas vide de sa substance.

L’Office national des forêts (ONF) prévoit de mettre en vente le 25 novembre prochain plusieurs milliers de mètres cubes de bois prélevés dans le cœur du futur parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne. Cette vente peut encore être suspendue si l’ONF ou l’Etat en prennent la responsabilité ; pour FNE et ses associations fédérées, procéder à cette vente porterait un terrible coup au futur parc national.

coupe de dois 2015Dotée d’une surface forestière très importante, la France est pourtant l’un des rares pays européens à ne pas posséder de parc national forestier de plaine. Répondant à un engagement du Grenelle de l’Environnement en 2007, le projet de Parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne a été officiellement lancé par l’Etat en 2009.
Procéder aux coupes, c’est scier la branche sur laquelle le projet de parc est assis
Le fleuron de ce futur parc national sera la réserve biologique intégrale du massif d’Arc-Châteauvillain (Haute-Marne). D’une surface de 3 100 ha d’un seul tenant, cet espace constituera la plus vaste forêt en libre évolution de France métropolitaine, renseignant au fil des années sur l’évolution naturelle des forêts et sur le fonctionnement global des écosystèmes feuillus, en particulier face au changement climatique.
Mais ces rôles ne peuvent être assurés que si la future réserve est constituée de peuplements âgés comportant des gros et très gros arbres, précisément ceux qui feront l’objet de la mise en vente.
FNE, FNE Bourgogne, Champagne Ardenne Nature Environnement et Nature Haute-Marne dénoncent ces coupes qui n’auront qu’une rentabilité réduite. En revanche, elles porteront fortement atteinte à la biodiversité forestière, dont nous rappelons qu’elle constitue 80 % de la biodiversité terrestre métropolitaine et qu’elle est très dépendante de la présence de bois mort et de vieux bois.
« Avec la poursuite de l’exploitation des vieux arbres, c’est bien le patrimoine du futur parc national qui est pillé. En amputant la réserve de sa fraction la plus mâture, ces coupes retardent pour plusieurs décennies l’intérêt d’un espace strictement protégé et dédié à la recherche scientifique », explique Romaric Leconte, co-président de l’association Nature Haute-Marne.
Une vente qui mettrait à mal la cohérence des pouvoirs publics
Pour renoncer aux coupes et aux travaux forestiers dans la future réserve intégrale, l’ONF demande une compensation financière à l’Etat, qui la lui refuse. Au-delà des calculs financiers, aller au bout de cette vente coûtera très cher à l’Etat et à son gestionnaire en termes d’image et de confiance, à l’échelle locale comme nationale.
Pour Isabelle Beuniche de FNE Bourgogne, « Comment les habitants, qui ont consenti à ce projet de réserve et sont prêts à accepter diverses contraintes liées au statut de parc national, peuvent-ils comprendre l’opération prévue ? L’exemple doit venir de l’Etat. »
En tant que gestionnaire des forêts domaniales, l’ONF a la possibilité légale de retirer de la vente les lots issus des parcelles concernées, ainsi que de reporter des coupes ou de prendre l’initiative d’instruire d’ores et déjà le projet de réserve intégrale. En tant que propriétaire et porteur du projet de parc national, l’Etat, tant au niveau des Ministères que de ses services et établissements publics, doit assumer ses engagements et ses responsabilités politiques et financières, reconnaissant par là que l’intérêt futur du parc serait irrémédiablement diminué si ces arbres étaient coupés.
FNE demande à l’Etat et à l’ONF de suspendre, à titre conservatoire, toute coupe ou travaux en attendant d’organiser une concertation avec les acteurs qui travaillent à la concrétisation d’un parc national à la hauteur des enjeux futurs, dont la base sera aussi de disposer de l’arrêté de prise en considération pour pleinement le concrétiser et y œuvrer.
France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement. C’est la porte-parole d’un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. Retrouvez-nous sur fne.asso.fr, Facebook et Twitter (@FNEasso).

Un dialogue entre science et citoyenneté

« Article en cours de rédaction…… »

La toute nouvelle fédération FNE BOURGOGNE
a organisé à Dijon une journée-débat sur le Changement climatique et les impacts sur l’eau
et les milieux aquatiques
dans les bassins Seine-Normandie et
Rhône-Méditerrannée

de gauche à droite : Isabelle Beuniche (Adret-Morvan), Gérard Clémencin (UFC Que Choisir Bourgogne),  François-Marie Pellerin (réseau Eau de FNE), Bernard Krempp (SEDARB).
Photo Photo du haut : de gauche à droite : Annick Bernardin-Pasquet (FNE Bourgogne), Catherine Schmitt (FNE Bourgogne), Yves Richard (CRCB), Eric Sauquet (IRSTEA), Anne-Cerise Tissot (Alterre-Bourgogne), Gilles Billen (CNRS UPMC), Vincent Godreau (ONF Grand Est), Abelardo Zamorano (FNE Bourgogne) et Florence Habets (CNRS UPMC) absente de la photo.

Un dialogue entre science et citoyenneté

La journée du 10 octobre 2015 a été passionnante pour les associations de Bourgogne et de Franche-Comté et les élus présents pour comprendre les enjeux du changement climatique dans le monde (GIEC), en France et en Bourgogne-Franche-Comté et mesurer les effets sur la ressource en eau.
La région Bourgogne, ligne de partage des eaux, est implantée sur 3 bassins versants différents.
Ces secteurs karstiques en tête de bassins sont déjà confrontés aux pollutions agricoles diffuses et aux assecs. Tous les acteurs – tous secteurs confondus – devront réfléchir à d’autres pratiques pour atténuer les dérèglements climatiques et s’y adapter.
Un panel de chercheurs ont informé des évolutions climatiques dans le monde (GIEC), en Europe et en Bourgogne et présenté leurs travaux. Les agences de l’eau ont dressé un bilan de l’état des masses d’eau des deux bassins hydrographiques. Les organismes de recherche ont présenté le plan d’adaptation Rhône-Méditerranée et le programme de recherche HYCCARE, à l’échelle d’un Sage, en Bourgogne. Tous ont ouvert des perspectives pour modifier les pratiques. Il a été démontré que l’agriculture raisonnée avait atteint ses limites et que l’agriculture biologique répondrait aux attentes environnementales et sociétales.
Une attention particulière a été donnée à la forêt et à son rôle irremplaçable en tant que régulateur et filtre de l’eau, mais aussi pour ses capacités à stocker et recycler le carbone et les polluants atmosphériques, fonctions que les plantations, dont l’écosystème est ultra-simplifié et fragilisé, sont incapables d’assumer face aux dérèglements climatiques.
L’urgence climatique, c’est aussi préserver / restaurer les forêts qui couvrent 30% de la Bourgogne.
Tout au long de la journée un public motivé a pu échanger avec les chercheurs dans une ambiance simple et conviviale.

Une table-ronde a permis d’exprimer les attentes sociétales, les réserves par rapport à la COP 21, les inquiétudes exprimées sur l’industrialisation de la forêt, de dénoncer les inégalités des aides – en particulier pour la recherche – allouées à l’agriculture biologique.

Gilles Billen a clôturé la journée en constatant la motivation de la nouvelle fédération qu’il a remerciée pour l’organisation de cette rencontre entre chercheurs et société civile. Il a transmis à l’auditoire l’espoir, en cette période charnière, de prendre sa destinée en main et de changer la donne.